lundi 20 avril 2020

Nom et prénoms



Née un 25 novembre, je suis sous la protection de Sainte-Catherine, le jour où tout bois prend racine. Cette sainte m’aurait-elle prodigué une main verte, l’amour de la nature et des arbres en particulier ? Un bref coup d’œil sur ma date de naissance, le 25.11.52, montre qu’on peut la lire dans les deux sens, elle est parfaitement symétrique. Serait-ce un présage ?

Philomène est mon prénom. Ma marraine, amie de mes parents, l’a choisi. Je l’adore. Il signifierait « qui aime la lune » et « aimée ». Oui, j’aime la lune, le crépuscule, l’aube, l’aurore et les chats. J’aime me faufiler dehors la nuit ou, dès potron-minet, me coucher dans l’herbe, tapie à l’abri des regards. Je me sens aimée aussi. Renée est un second prénom. C’est celui de mon parrain qui est l’associé et ami de mes parents. Je viens de naître. Alors, re-née ? Serait-ce un autre présage ?

Pas de grands-parents ravis autour de mon berceau, personne ne se dispute une quelconque ressemblance. Née de parents immigrés, je ne vis pas au contact de mes aïeuls en métropole. De toute façon, mon ascendance est incontestable. Je suis une fille de Papy, une Verhelst. La loterie génétique me réserve de vastes oreilles façon éléphant et l’implantation d’une canine à la mode de Dracula, Prince en Valachie. Au soleil, ai-je la peau rose du flamant ou de la Flamande ? Les iris de mes yeux sont bleus et mes cheveux sont si blancs que l’on me croit chauve.

Les Africains disent que les enfants ne naissent pas au moment où ils quittent le ventre de leur mère, mais du lieu et de l’instant de leur conception. Dans ce cas-ci, Kamina (ou en brousse ?) fin février 1952 en Afrique Centrale.




samedi 18 avril 2020

Pourquoi j'ai créé ce blog ?






Pas à pas, à la recherche d’un parcours, des mots avancent l’un après l’autre. Mes souliers dévalent les sentiers.  Ma plume se fraye un chemin sur la page blanche. Elle hésite souvent, soupire, repère et repart en éclaireur vers de nouvelles pistes.

Je transpire. Les mots me balancent entre souffrance et jubilation. Endurance, espérance, envie de me connaître, de me re-connaître. Qui suis-je ? Qui est ce « je » qui m’anime ?  Quel est ce « je » qui  m’invite à l’intériorité. Les mots deviennent miens. Inspiration, expiration, les phrases respirent et me libèrent.

Le récit a dû exister. Est-ce bien mon vécu ? Mes enfants imaginent mon passé sur une autre planète. Un beau jour, j’ai atterri en Belgique à bord d’un aéronef. Je n’étais pas d’ici, incontestablement. Quoique ? Pas si simple. Pas si sûr. Est-ce une autofiction ? Je ne le sais avec exactitude.

La mémoire me restitue ce récit des décennies après l’indépendance de la République Démocratique du Congo (RDC). Il ne reproduit pas nécessairement la réalité mais ce que j’en ai perçu et ce que j’en ai retenu.


« La Vie est une succession de naissances
et de re-naissances,
faites de rencontres et de séparations.
Viendra se greffer la ferveur d’exister
Avec le plein de soi-même. »
Jacques Salomé
 

mercredi 15 avril 2020

Des parents venus d’ailleurs


Le coup de foudre ? Non, plutôt un coup de feu, un coup d’envoi. Quasi-voisins, Papy et Mamy se connaissent depuis l’enfance. Cependant, leur passion ne se déclare qu’après la chute d’un obus au début de la seconde guerre mondiale. Par résonance, l’explosion ébranle le cœur de Papy. Il attend un train à Bruxelles afin de rejoindre son domicile en Brabant flamand.

Les jeunes gens se marient en 1943, sobrement. Mamy porte un tailleur cousu-main dans les tons bleu tandis que Papy arbore un costume élégant. Les milieux sociaux dont ils sont issus diffèrent. Les grands-parents maternels sont ouvriers et les grands-parents paternels sont commerçants.  Les premières années de l’union de mes parents se fondent dans le désir dévorant de leurs jeunes corps en demande face à cette sale guerre qui leur a volé une partie de leur jeunesse.

En septembre 1945, Mamy met au monde une petite fille, ma grande sœur Julienne et en 1949, la famille s’envole vers un continent vierge, un pays prometteur : le Congo belge. Papy en a assez de gaspiller ses jeunes années à l’armée : deux ans de service militaire, cinq années de guerre et une année de remobilisation consacrée au déminage de la côte.

Après un bref séjour passé à Elisabethville, en province du Katanga, le couple reprend une quincaillerie dans la ville de Kamina, éloignée d’une bonne vingtaine de kilomètres de la base militaire « BAKA », la base de Kamina. Le bonheur règne après la tourmente.

Qui sont-ils, mes parents ? Quelle mouche les pique et les pousse à verser une coquette somme représentant la caution exigée par la Belgique, qui servira à garantir sans frais leur rapatriement en cas de faillite ou de maladie. Bruxelles n’est pas favorable à une colonie de peuplement. En 1948, sa position devient sensiblement favorable aux éleveurs et agriculteurs seulement. Quel vent de folie les pousse à s’établir malgré tout au Congo belge comme colons ? Je l’ignore. L’hypothèse la plus vraisemblable serait la recherche d’une vie meilleure. A l’issue de la guerre, Papy ne désire plus retrouver son poste d’employé dans une société d’assurances. Il a survécu à la guerre, il a pris part à la résistance et ne se sent plus du tout capable de reprendre une vie de géranium végétant sur une tablette de fenêtre. Il préfère l’aventure.

Le voici :

lundi 13 avril 2020

Une naissance outre-mer


En cette nuit profonde, des vagues de douleur sont propulsées des profondeurs abyssales du ventre de Mamy. La tempête fait rage. Les contractions l’assaillent en rafales violentes.

Mamy imagine des vagues ourlées d’écume qui meurent sur le rivage interne de son corps, en bout de course folle. Dans une semi-inconscience, elle rêve que l’écume se mêle intimement au sable et à l’argile. Le flux et le reflux incessant de l’eau est rythmé par le pouls de son cœur.

Un ouvrage d’art prend forme, lentement, fait d’écume, de sable, de sang et d’argile, mêlés aux algues, aux étoiles de mer et aux coquillages. Le vent gifle les vagues et exige le silence. Il insuffle une brise légère dans ce qui ressemble à une bouche. Puis, il cède la place au disque solaire, imposant de majesté. A son tour, l’astre anime le petit être de ses rayons vibrants d’énergie de vie. L’aurore salue la naissance du bébé. Seuls, un engoulevent et une chatte assistent à cet étrange événement.

Mamy souffre. Mamy délire un peu. Elle voit les pieds nus de la petite fille qui avancent pas à pas sur la plage. La lune a tissé pour elle une simple robe de rayons d’argent, ornés d’écailles nacrées, retenus par des fils de soie. La fillette se penche, revêt la robe et aperçoit la chatte. Elle ronronne et ses grands yeux cherchent le regard de l’enfant.

Toi, il me semble que je te connais déjà, dit la fillette à la chatte en la prenant délicatement dans ses bras. Elle l’amène contre son visage et plante un océan de tendresse dans les iris azurés de l’animal. Elle hume le petit museau rose et légèrement humide. Toutes deux s’en vont cheminer à travers le monde.

L’engoulevent en a assez vu. Il prend son envol et annonce la nouvelle à toute la nature : un être solaire nous est né. Vive la petite Philomène aux pieds nus !

dimanche 12 avril 2020

Récit de vie

Voici une petite semaine de confinement qui m'a permis d'étudier Wordpress (c'est ardu mais passionnant) pour y créer un blog et
de trouver des trucs et astuces pour comprendre le fonctionnement de Blogger.

OUF !  Et maintenant que vais-je vous proposer comme billets ?  Après longues réflexions, j'ai bien envie de déposer des textes issus de mon récit de vie,de mes coups de coeur, de mes coups de blues, de mes coups de gueule ...

Voici une photo de quand j'étais petite, en 3ème année primaire.  Ce sera un bon début.  Dans quel pays ai-je vu le jour ?



lundi 6 avril 2020

D'où je vous écris ...

 De la fenêtre à proximité du PC, je pense à Vous, Chères Lectrices et Chers Lecteurs ...

L'inspiration ne vient pas pour participer aux "devoirs" de "Le goût des autres" et voilà, j'accepte.


Aucune idée originale pour vous distraire, c'est comme cela depuis des jours.


Au jardin, une coccinelle très discrète a attiré mon attention dans un bouquet de muscaris.

La photo est loin d'être bonne mais c'est un "coucou" quand même qui nous vient de notre amie, Dame Nature !

La chatte guette les souricettes et elle en attrape, la cruelle.  Heureusement, ma fille veille et libère les malheureuses à temps.

Que vous conter d'autre ?  Que je m'applique à apprivoiser Wordpress afin d'y créer un blog qui complètera mon activité de bénévole confinée.  C'est ardu mais passionnant !

Portez-vous bien !!!